Guinée : Simandou à Chinalco? La crainte de Thiam, l’ancien ministre des Mines

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Une vue du Simandou Sud
Une vue du Simandou Sud

Guinée-Conakry : Le président Alpha Condé, en marge du sommet des Nations-Unies, affiche l’intention de mener des discussions avec Chinalco, -déjà partenaire dans le Simandou- pour voir comment ce géant chinois peut-il avoir « la direction » du méga projet minier dont le développement reste du domaine des rêves au pays.

Le président Condé est attendu à Pékin, selon son annonce à New York.

«Il s’agit de savoir comment Chinalco- qui détient 41 pour cent de Simfer après Rio Tinto- reprendra la direction du projet. Car oui, nous pouvons développer Simandou, la mine, lancer la construction du chemin de fer et celle du port en eau profonde», a-t-il expliqué.

Cité par RFI, Juridiquement, selon les accords-cadres signés, l’Etat peut remplacer Rio Tinto par une autre entreprise, sauf que fin 2016 la firme anglo-australienne, toujours actionnaire majoritaire, va déposer son bilan annuel. «Logiquement, le Simandou y sera dévalué » analyse-t-il.

Le Gouvernement serait bien inspiré de ne pas essayer de jouer les partenaires de Simfer l’un contre l’autre. Ce serait un exercice futile dans lequel la Guinée ne pourrait que perdre la face. Rio Tinto à elle seule ne saurait prendre une décision si majeure, si néfaste et contraire aux intérêts de la Guinée sans l’accord préalable de son actionnaire le plus important : Chinalco. Il serait d’une grave naïveté stratégique d’imaginer que Chinalco, après avoir entériné la décision de Rio Tinto, pourrait maintenant prendre sa place et porter le projet dans des conditions favorables à la Guinée. Nous le répétons : Chinalco est l’actionnaire possédant individuellement le plus de parts dans Rio Tinto. Leurs intérêts sont donc intimement liés » a analysé dans une Tribune publiée en juillet dernier, l’ancien ministre guinéen des Mines et de la Géologie, Mahmoud Thiam

Pour lui, il n’est pas possible de trouver un partenaire « capable de porter » ce projet « aujourd’hui ».

Il est probable que des courtiers de tous genres fassent déjà des propositions alléchantes au gouvernement. La réalité est qu’aucun partenaire techniquement et financièrement capable de porter ce projet comme il faut, ne saurait être trouvé aujourd’hui. A moins que ce ne soit dans des conditions extrêmement désavantageuses pour les intérêts à long terme de la Guinée. Des spéculateurs se présenteront toujours mais aucun acteur crédible qui pourrait développer le projet dans les termes et suivant le calendrier prévu par la Guinée n’est disponible actuellement.C’est pour cette raison que j’estimons que ce serait desservir les intérêts de la Guinée que de se précipiter dans un nouveau partenariat ou d’essayer de forcer Rio Tinto à remplir des obligations qu’elle n’a jamais eu l’intention de remplir. C’est un cadeau que Rio nous tend. Arrachons le de ses mains et tournons lui le dos.

 

 

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