Alcool, chanvre indien, absence de policiers, moto-taxis…causent l’insécurité à Conakry

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Le ministre de la Sécurité a du pain sur la planche. Crédit Photo : CCG
Le ministre de la Sécurité a du pain sur la planche. Crédit Photo : CCG

Guinée-Conakry : Plusieurs causes sont à la base de l’insécurité dans les quartiers pauvres de Conakry. Des discussions engagées avec autorités locales et jeunes ont permis de mentionner ces causes qui sont, entre autres, la consommation de l’alcool dans les buvettes malsaines, du chanvre indien, l’absence de policiers, le phénomène des moto-taxis et quelques fois l’obscurité.

Ce sont des fora locaux de sécurité et de prévention de la délinquance qui ont été organisés dans les quartiers de Hermakono, Hamdallaye et Dabompa, en banlieue de Conakry !

Selon une note du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, « les  fora locaux de sécurité constituent déjà un cadre de concertation, de partenariat,d’échanges et de dialogue entre les citoyens des quartiers (hommes, femmes,jeunes) et les forces de sécurité (police,gendarmerie), en vue de faire face aux enjeux sécuritaires auxquels ils sont confrontés,et d’identifier les mesures idoines pour prévenir et lutter contre la délinquance et la criminalité dans les quartiers ».

Les quartiers Hermakono, Hamdallaye et Dabompa ont ouvert le bal des FLSPD fin juillet, respectivement dans les communes de Matam, Ratoma et Matoto. Avec l’appui de Coginta, organisations de jeunes et de femmes, résidents et agents de police se sont réunis autour des conseils de quartier afin d’échanger sur les questions de sécurité et de réfléchir sur des pistes de solutions pour réduire la délinquance et la criminalité dans les quartiers. Au sortir des débats, il ressort que chaque quartier a ses spécificités en matière d’insécurité.

Colombie ou le point chaud à Hermakono
Le quartier Hermakono est confronté à deux problèmes majeurs: la délinquance juvénile et la consommation de chanvre indien, avec comme conséquences des disputes violentes, des bagarres et des injures qui troublent la tranquillité et la quiétude sociale du quartier. Ensuite, la mauvaise gestion des ordures fait qu’en saison pluvieuse certaines rues du quartier sont impraticables à causes des immondices.

A cela s’ajoute le stationnement anarchique des véhicules et l’utilisation des routes par les jeunes comme espace
de jeux. Enfin et plus inquiétant, c’est la zone dite «Colombie » qui constitue le nid des délinquants. Des bandes de jeunes venues de divers horizons s’y adonnent à la consommation abusive d’alcool, de chanvre indien et aux tapages nocturnes.

C’est pourquoi le chef du secteur 3 du quartier suggère la fermeture des bars les plus «problématiques». Le président des jeunes du quartier estime que le démantèlement des réseaux de délinquants est un acte majeur dans le processus de lutte contre l’insécurité. Pour sa part, le policier référent du quartier membre du FLSPD a mis l’accent sur l’implication et la volonté des citoyens eux-mêmes à mettre en place des initiatives permettant d’éradiquer la criminalité et la délinquance. Il les encourage à dénoncer les bandits et à prévenir la délinquance dans le quartier à travers l’éducation à la citoyenneté. Enfin, le forum a également recommandé l’accroissement des patrouilles pédestres dans la zone pour dissuader les délinquants et pour rétablir la confiance entre la police et les citoyens.

Le plaidoyer de Hamdallaye

Selon les participants au forum, l’insécurité se manifeste dans le quartier Hamdalaye à travers la recrudescence de la consommation d’alcool et de drogue, des cambriolages,  des violences scolaires et des viols. L’obscurité, qui résulte du manque d’éclairage, en serait l’une des principales causes. Ils soutiennent cependant que ce sont les résidents d’autres quartiers qui viennent installer des buvettes, contribuant ainsi à la dépravation.

Les participants ont déploré la non présence des forces de sécurité (Police, Gendarmerie) dans le quartier. Ils estiment être stigmatisés.

«Le fait que tout le monde ait une opinion négative du quartier, les habitants sont considérés comme des délinquants et cela fait que les forces de sécurité sont totalement absentes.Il faut que cela change.» plaident-ils.

Les jeunes du quartier ont évoqué le manque de communication entre la population et les forces de sécurité. Le représentant de la police nationale au sein du forum a quant à lui a indiqué qu’il prenait bonne note des réclamations de la population. Il a ensuite expliqué que la police était confrontée à des difficultés majeures l’empêchant de satisfaire les attentes de la population en matière de sécurité, notamment le manque d’effectifs et de moyens logistiques pour les déplacements.

«Néanmoins, des dispositions seront prises pour une meilleure collaboration avec les membres du conseil de quartier dans le cadre de la prévention de la délinquance et de la lutte contre l’insécurité avec les moyens de bord » a t-il promis.

Au terme des débats, le forum a identifié deux actions à mettre en œuvre pour améliorer la collaboration entre la police et la population dans la lutte contre l’insécurité et la prévention de la délinquance dans le quartier Hamdallaye 1. Ce sont d’un côté la multiplication des patrouilles pédestres dans le quartier par les policiers et de l’autre, la dénonciation par la population des points de ralliement des malfrats et des zones criminogènes aux policiers pour faciliter leur intervention.

Le phénomène des taxis-motos à Dabompa
Pour les participants au forum de Dabompa, ce sont les agressions physiques et le nombre croissant de taxis-motos dans le quartier, dont certains seraient tenus, par des bandits qui posent problème. Ils ont déploré le fait que le témoignage ou la dénonciation ne soit pas anonyme. Pour eux, c’est ce qui empêche les habitants de dénoncer les présumés bandits qui se trouveraient dans des habitats en construction ou inachevées.

Le commissaire de police présent au forum a informé les citoyens qu’ils ne devaient pas payer pour porter plainte à la police et que la brigade de proximité qui travaille de 6 heures à 18 heures était au service des citoyens.
Son collègue a appelé à prévenir la délinquance dans les familles. Un représentant d’une organisation de la société civile a déploré le fait que la police ne déployait pas de patrouille pour dissuader les bandits dans le quartier. Pour lui, la lenteur dans la procédure judiciaire amène les citoyens à gérer eux-mêmes leurs problèmes dans les quartiers.
Comme actions à entreprendre pour l’amélioration de la sécurité dans ce quartier, le forum a préconisé de recenser de manière exhaustive es conducteurs de taxis motos, de leur attribuer des numéros d’identification sur les gilets qu’ils portent et de les convaincre de participer au plan de lutte contre la criminalité. Enfin que la police veille à l’application correcte de la mesure »

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