Girondins : Kamano, sera ému mercredi ce soir à Bastia

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François Kamano,  Source : Sud Ouest
François Kamano,
Source : Sud Ouest

L’attaquant des Girondins sera ému, mercredi soir, en affrontant le Sporting qui l’a fait venir de Guinée, l’a formé et lui a permis d’exploser. Mais son arrivée fut une drôle d’épopée.

Pour lui, ce sera un moment particulier, qui a commencé mardi soir lorsque l’avion des Girondins s’est approché de Poretta, l’aéroport de Bastia… François Kamano aura le cœur qui battra très fort à 19 heures ce mercredi, lorsqu’il foulera la pelouse de Furiani. « Les Bastiais sont ma première famille en Europe », lâche-t-il. « Ils m’ont accueilli, m’ont formé, m’ont offert mon premier contrat, je ne peux pas l’oublier… »

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Débarqué du FC Satellite à Conakry, il joua deux ans pour le Sporting. Il y révéla un talent prometteur et signa quelques buts importants, notamment le doublé à Évian (2-1) qui, le 24 avril 2015, permit à son équipe de se sortir de la zone rouge et d’assurer son maintien. On appréciait donc beaucoup ce jeune homme en Corse, pour sa fraîcheur, son punch et son talent de buteur.

À l’essai à Rennes
Pourtant, son arrivée sur l’Île de Beauté fut une histoire épique. Il aurait pu jouer en Espagne, à Villarreal, où il avait effectué un premier essai, à Rennes ou pour le club suédois de l’AIK Solna. « J’avais fait un test à Rennes », explique-t-il. Mais à 17 ans, venant de l’Afrique, il ne pouvait signer de contrat… L’intérêt du club breton s’évanouit en mai 2013 avec le départ de Pierre Dréossi et de Frédéric Antonetti.

Mais ce dernier, convaincu du potentiel du jeune Guinéen, le recommanda chaudement aux dirigeants du Sporting, à son neveu, Pierre-Paul Antonetti, recruteur du club. Le problème était le même : impossible, si jeune, d’obtenir un contrat. « On a donc décidé de passer par un autre pays de la zone Europe », explique l’attaquant des Girondins. « J’ai transité par le Nigeria ».

Un an sans jouer
C’est ainsi qu’il atterrit à Solna, en Suède, avec l’idée d’y évoluer dans les équipes de jeunes jusqu’à sa majorité. « J’ai commencé à jouer avec les U21 et la réserve », explique-t-il. Le plan aurait été parfait si les Suédois n’avaient, comme tout le monde, constaté son formidable potentiel. Ils lui proposèrent alors un contrat. « Mais je ne voulais pas rester en Suède, ce n’était pas le but ».

Lassé des « allers et retours au Pays », parce qu’il avait l’impression de régresser, il fit confiance à Pierre-Paul Antonetti et rejoignit la Corse, conscient qu’il resterait une saison sans jouer. « J’étais logé au centre de formation. Mais c’était vraiment difficile de ne pas pouvoir jouer. J’ai commencé à me décourager, je voulais tout arrêter, rentrer chez moi ». Dans ces moments délicats, il put compter sur le soutien de ses proches, du directeur de l’Académie de Conakry et de Ghislain Printant, le directeur du centre de formation du Sporting. « Il était comme un père pour moi. Il m’a dit de ne pas lâcher. Il était toujours derrière moi pour me faire travailler, me pousser. Il me prenait avec les U19. Je lui dois tout. J’ai travaillé, j’ai eu ma chance et j’ai tout explosé ».

Débuts face à l’OM
Il fêta ses 18 ans le 2 mai 2014 et, comme une délivrance, signa dans la foulée son premier contrat. À son retour de vacances, il fut intégré au groupe pro ; la belle aventure commençait pour lui. Claude Makelele le lança dans le grand bain dès la première journée en août 2014 contre l’OM (3-3). « Je suis entré dix minutes à la place de Maboulou, explique-t-il. C’était un rythme de fou, j’étais cuit à la fin du match ».

Furiani fut donc sa maison, le Sporting sa famille. «Les installations n’avaient rien à voir avec celles de Bordeaux mais je m’en moquais. J’arrivais de Guinée, pour moi c’était le paradis ».

La Corse, il s’y plut, on l’apprécia, comme dans ce restaurant où il était considéré comme un enfant de la famille, où il ne payait pas ses repas. Il découvrit l’île, de Bastia à Ajaccio, apprit à aimer les chants corses, ce « Dio vi salvi Regina », qui sert d’hymne à cette terre insulaire. Mercredi soir, il lui faudra mettre ses émotions de côté. « J’espère marquer », dit-il.

Sud Ouest

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