Autorité des marchés publics : Bagarre entre le DG Jonas Mukamba et un employé….

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Le dg Jonas Mukamba Kadiata Diallo

Conakry, Guinée : A l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), rien ne va plus entre le directeur général Jonas Mukamba Diallo et une partie du personnel qui s’est d’ailleurs constituée en collectif pour réclamer ses droits. Il y a eu bagarre hier lundi au siège.

Ces droits sont « huit mois d’arriérés de salaires, le traitement inhumain et le mépris que les travailleurs de l’ARMP » subiraient de la part de leur patron. Lequel, à les entendre dire, a franchi le Rubicon récemment pour en venir aux mains avec M. Thiam, le chargé de la maintenance informatique.

Mais qu’est-ce qui s’est passé réellement ce mardi 20 décembre?

Mamadou Touré de l’ARMP

Mamadou Touré, chef service Enquête et Inspection à l’ARMP, par ailleurs président du collectif susmentionné, dit en savoir beaucoup de chose. Rencontré donc dans la matinée du mardi 20 décembre, M. Touré relate les faits avec ‘’un cœur très serré’’.

« Ce qui s’est passé hier (Lundi 19 décembre, Ndlr) est déplorable. Dans une institution comme l’ARMP, depuis huit (8) mois, plus précisément en mai 2016,  les travailleurs de l’ARMP n’ont pas reçu leurs salaires,  ils ont fait tous les recours possibles au niveau de toutes les autorités compétentes mais jusqu’à présent ils n’ont pas eu gain de cause», a introduit M. Touré.

Avant de rentrer dans le vif du sujet : « Monsieur Thiam est
venu hier à mon bureau me dire que le Directeur général de l’ARMP, (Jonas Moukamba, ndlr) veut changer la serrure de son bureau pour qu’il n’ait plus accès à mon bureau. Je lui ai dit : « attend qu’il change la serrure ; n’en fais pas un problème’’.

Dans les environs de midi, j’ai vu des employés qui étaient en train de changer la serrure du bureau de Thiam. C’est-à-dire que tacitement à partir de l’instant Thiam ne doit plus travailler dans ce bureau», estime-t-il.

Avant d’ajouter qu’étant donné que Thiam avait déjà déposé sa plainte au niveau de la justice, il a appelé un huissier de justice pour venir faire le constat.

« Donc, l’huissier est venu, parait-il, avec M. Thiam, puisque moi je n’étais plus là, pour venir faire le constat. C’est en cours de route qu’on m’a appelé pour me dire qu’il y a une altercation entre M. Thiam et M. Jonas Mocambo Diallo qui aurait séquestré l’huissier et mis main sur Thiam. C’est ce qui s’est passé hier », relate Mamadou Touré.

Qui poursuit que c’est dans les environs de 18heures qu’il fut informé que monsieur Thiam est convoqué à la DPJ, dont les agents sont venus chercher Thiam par le truchement du Directeur général de l’ARMP.

‘’Thiam est brimé dans ses droits. Je déplore l’attitude du directeur général. Un DG ne doit pas porter la main sur un travailleur, quelque soit le problème’’, déplore-t-il.

Selon lui, depuis l’arrivée de Jonas Mukamba Diallo à la tête de l’ARMP, début juin, il n’aurait jamais daigné rencontrer le personnel.

« Il n’a tenu aucune réunion d’information. Il évolue en clan. Et s’il en veut à Thiam, ce dernier n’est pas seul. C’est un collectif qui s’est formé dont je fais partie. Je suis le porte-parole de ce collectif qui réclame ses droits. Il est inimaginable pour des guinéens de rester pendant huit mois sans salaire. Ce que les gens vivent ici aujourd’hui est pire que l’apartheid. On ne peut pas décrire cette situation. Même un apatride ne peut être traité comme ça. C’est inacceptable’’, s’indigne M. Touré.

Deux lettres au Président de la République

Et d’enfoncer le clou : « Il se dit être le fils du président Alpha Condé. Et mieux, il dit que c’est le président qui l’a instruit de ne pas payer les travailleurs. Il a dit à haute et intelligible voix que le salaire est bloqué par le Président de la République (Pr Alpha Condé, ndlr)’’.

Et pourtant, témoigne-t-il, tous les travailleurs de l’ARMP ont signé un contrat à durée indéterminée.

A la question de savoir pourquoi les travailleurs continuent de venir à l’ARMP, M. Touré fait dans l’ironie :

« Nous continuons à venir au bureau, mais pas travailler. Parce que depuis qu’il (directeur général, Ndlr) est là, il n’a pas reparti des tâches. L’ARMP est morte aujourd’hui. C’est le déclin pur et simple de l’ARMP. Tous les marchés publics passés se font en dehors de l’ARMP’’.

Comme voies de recours saisies, Mamadou Touré dit voir écrit au président de la République deux lettres.

« La première a été déposée au niveau du directeur de cabinet. La deuxième, au niveau du secrétariat central de la présidence.
Nous n’avons pas la possibilité de rencontrer le Chef de l’Etat, sinon que de lui écrire’, résume-t-il.

Après témoignage, nous avons tenté de rencontrer le Directeur général de l’ARMP Jonas Mucamba Diallo afin qu’il donne sa version des faits. Mais nos tentatives ont été vaines, son assistante ayant présenté l’agenda du nouveau patron des lieux comme ‘’trop chargé’’ pour échanger avec les journalistes.

Le directeur général de l’ARMP n’est également pas du même avis avec les membres du Conseil de régulation de son institution. Rencontré, il y a quelques jours à son bureau à Kaloum, M. Jonas nous a envoyé un « assistant en communication » nous expliquer sa mission à la tête de cette institution.

Ce dernier, Diabaté, a confié à notre rédaction que le nouveau DG de l’ARMP a reçu comme mandat « la restructuration » de cette institution. Cette directive aurait été donnée par les bailleurs de fonds. Une  de ses actions, poursuit-il, a consisté en la formulation d’une nouvelle grille des salaires parceque les employés de l’ARMP semblent « trop bien payés » dans un pays où le fonctionnaire n’a pas 2 millions par mois.

Effectivement, en dépit de la refonte des salaires, les employés de cette institution tirent le diable par les…testicules, puisque la queue étant partie. Excusez du peu !
A suivre…

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