Guinée: voici ce que disent des citoyens de l’An 1 du second mandat d’Alpha Condé (panel)

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Alpha Condé, PRG

Il y a un an qu’Alpha Condé a été réélu à la présidence de la République de Guinée. Au moment où il entame la deuxième année de sa seconde mandature, votre quotidien en ligne, guineetime a cru bon de donner la parole à des citoyens pour parler des forces et des faiblesses au cours des 12 derniers mois de gouvernance de l’Administration Condé. Lisez plutôt ces avis.

Patrice Seny Camara, secrétaire général du parti UNR
Je crois que du point de vue de l’action présidentielle, il y a une satisfaction à avoir. Puisqu’il a eu l’initiative, qu’il a conduite personnellement, dans le cadre de l’accalmie nécessaire dans le jeu politique devant permettre au gouvernement d’exécuter sa mission en termes de programme et de plan d’action. Donc, je crois sur cet engagement, la date essentielle qu’il faille retenir c’est celle du 1er septembre à trois mois de la fin de l’an 1 de son second mandat. Mais à mon sens politiquement, en tout cas pour l’UNR c’est le socle qui doit déterminer la suite du mandat du président. Puisque tout est essentiellement politique. Nous avions une opposition à l’époque, avant le 1er septembre, qui était et qui l’est toujours à l’horizon, puisqu’on constate les désagréments en son sein. Puisqu’il y a très peu de politiques autour peut-être d’un politique. Mais il faut une décantation. L’audience que le président de la République a accordée à Elhadj Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition est une audience constitutionnelle. Tout est parti de cette audience. Je pense que le président a été bien inspiré, d’éviter toute mauvaise interprétation, c’est une audience qui s’est déroulée à huis-clos entre les deux hommes. Il n’ya que Dieu qui est témoin de ce qui s’est dit et qui s’est passé. Donc, partant de là, les Guinéens ont observé la tenue du dialogue politique, le cinquième du genre. Et à l’issue de ce dialogue-là étant inscrit dans une dynamique bien meilleure que les précédentes. Puisque nous étions déjà dans l’entente cordiale. Et effectivement, le contenu du dialogue tel qu’il se déroule aujourd’hui, a donné un contenu à l’apaisement au niveau des populations dans nos villes, villages et quartiers. Et donc, les guinéens ont repris à revivre ensemble au-delà des joutes politiques. Et puisque

Patrice Camara UNR

aujourd’hui l’Etat de délabrement de notre pays exige qu’il y ait plus d’économie et de social que de politique. Donc, pour l’UNR, c’est le point fort du Bilan du président de la République.

Les points faibles du bilan du président de la République se retrouvent, malheureusement au sein du gouvernement. Puisque nous avons observé que manifestement, ce gouvernement ne constitue pas une équipe. Ce qui est très difficile, puisque pour diriger un pays, il faut des hommes s’il faut dire, peut-être ça va choquer les barcelonais, une équipe du type Real Madrid. Un grand entraineur : le président de la République. Un bon capitaine Ramos et des joueurs qui, chacun dans son comportement, fait le maximum pour faire de l’équipe la meilleure du monde. Donc, pour revenir au gouvernement, la dernière mésaventure en date qui le disqualifie totalement, et qui prouve à suffisance qu’il n’ya aucune coordination, aucune cohésion, c’est l’accusation portée par le ministre de la Pêche contre le ministre du commerce dans ce qu’on a appelé l’affaire de poisson des mareyeuses. Je crois que dans un gouvernement, les choses se disputent en équipe coordonnée par le premier ministre, de sorte que les problèmes ne sortent pas de l’enceinte du gouvernement pour créer le doute ou l’appréhension au niveau des populations. Donc, je crois que cela disqualifie complètement ce gouvernement. C’est pourquoi d’ailleurs, les populations attendent du président qu’il propose une nouvelle équipe aux Guinéens qui puisse redonner l’espoir, l’espérance.

Et effectivement aujourd’hui, le président prend les choses en main. Il a fait deux ou trois voyages d’Etat de grande importance, la dernière c’est en Turquie, la précédente c’était en Chine. Ce sont de grandes mobilisations financières pour le développement économique et social de notre pays. Il faut un gouvernement qui puisse assurer une intendance pour suivre l’exécution et le bon déroulement de ces programmes et projets dans l’intérêt du peuple de Guinée. Ce n’est pas au président de le faire. Donc, vous comprendrez que manifestement, pour ça il ya des problèmes au sein de cette équipe gouvernementale.

Bah Oury dans « Terrain Politique »

Bah Oury, vice-président « exclu » de l’UFDG
L’année 2016 est marquée par la nécessité pour la Guinée de sortir d’une période de récession d’une extrême gravité. Avec un taux de croissance économique nul, voire négatif entre 2014 et 2015. D’après les statistiques qui sont devenues officielles, on a un taux de croissance d’environ 5% et poussières. Donc, plus de 5% en 2016. Ce qui est appréciable par rapport aux années antérieures. Et donc de ce point de vue ce qu’on peut dire il y a une dynamique de reprise économique au courant de l’année 2016.
Deuxièmement, par rapport à la population de manière générale, le taux de croissance ne peut pas effacer pratiquement trois années de difficultés majeures que la population a connues. Donc, le pouvoir d’achat de la majorité des Guinéens reste encore très faible. Pour que les choses puissent se confirmer, il faudrait peut-être tenir plus de rigueur pour que les résultats soient plus visibles. Pour que les Guinéens puissent espérer, disons, se dire que la situation va s’améliorer pour le pouvoir d’achat.

Troisièmement, il y a eu une grande rareté des bailleurs de fond en ce qui concerne l’année 2016. Comme vous le savez, il y a eu des problèmes en ce qui concerne la garantie que la banque centrale avait accordée à des entreprises, notamment, celles des travaux publics qui, du jour au lendemain, ont été obligés d’exiger le payement. Ce qui a fait que les réserves du pays, du jour au lendemain, ont pratiquement fondu. Ce qui a accru la difficulté pour l’année 2016. Maintenant, progressivement, les choses sont en train petit à petit de renter dans l’ordre, à date avec beaucoup de douleur. Espérons que ça va aller en s’améliorant le niveau des réserves de change dont le pays a besoin.

Quatrièmement, le fait que la banque mondiale et le fond monétaire international aient marqué leur accord dans le programme dans lequel la Guinée est entrée dans la phase actuelle.

Cinquièmement, il ya des situations obstructives qu’il ne faut pas ne pas constater. 2016 a été certes difficiles, mais il y a des signaux. Il y a par exemple, que ce soit Emirates, Ethiopian Airlines, ou Turkish Airlines, il y a eu une floraison de compagnies aériennes. Ça veut dire que les compagnies aériennes qui n’étaient pas présentes en Guinée, vont être présentes à partir de l’année 2017. Ça veut dire que la destination Guinée pour les années à venir pourrait être plus qu’attractive et permettre au pays de relever la tête. Tout cela est conditionné par la nécessité d’assurer une décrispation politique en profondeur, d’aller dans le sens d’une gouvernance politique vertueuse et une gouvernance économique sans reproche.

Espérons que, les autorités de part et d’autres, s’inscriront dans cette dynamique parce qu’il y va de l’intérêt du pays.

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Ibrahima Soumah, ancien ministre des Mines et de la Géologie
Ce qui a marché dans la gouvernance actuelle, il y a l’unanimité là-dessus c’est Kaléta. Kaléta qui ne fournit pas en continu, mais une qualité quand même appréciable de courant, quelles que soient les conditions dans lesquelles cela a été réalisé, conditions financières et autres, on a au moins cet acquit qu’il faudra capitaliser et bien entretenir.

C’est un acquis à l’actif du gouvernement et du chef de l’Etat. Parce qu’il fallait quand même prendre des décisions plus ou moins courageuses. C’est vrai qu’il avait bénéficié d’une recette exceptionnelle de 700 millions de dollars, qui lui a permis d’engager Exim Bank de Chine à financer à titre de prêt à 75% du coût du projet , les 25% étant payés par la Guinée. Il fallait trouver cet argent, il avait revu déjà. C’est là qu’on peut vraiment parler d’action positive.

Maintenant, sur d’autres plans je ne suis pas sûr qu’on puisse dire la même chose. Prenons les mines que je connais plus au moins, nous avons toujours Friguia qui n’est pas repartie. Pour la seule usine d’alumine sur le continent africain. Puisque, vous les journalistes, vous dites toujours la première usine d’alumine sur le continent africain. Mais ce n’est pas la première, c’est la seule. A oui, c’est la seule ! Vous vous rendez compte ! Quand vous avez un outil de cette importance, il ne faut pas s’amuser avec. Il faut s’organiser pour que ça continue à fonctionner, vraiment qu’on puisse l’améliorer. Ça c’est une honte. J’espère avec les annonces qui ont été faites, RUSAL reviendra à des bons sentiments pour reprendre cette usine.

Mais il faut attendre pour voir. Toujours au niveau du secteur minier, il y a beaucoup d’activités dans le domaine de la bauxite. C’est une très bonne chose également. je crois que la Guinée va devenir premier producteur et exportateur au monde, devant l’Australie. Puisque était en deuxième position. Toutefois, le fait que la Guinée continue à exporter la bauxite brute n’est pas recommandable en attendant, car il n’y a pas de valeurs ajoutées. Bien sûr que l’Etat peut encaisser un peut d’argent. A Fria, il y a l’aluminium mais plus tard avec des questions énergétiques…. Mais on a deux grandes exploitations de bauxite, CBK et CBG… Donc, l’idéal est que toute nouvelle société transforme la bauxite en alumine. si ce n’est pas le cas, quelque soient leurs performances, les nouvelles sociétés qui viennent, cet aspect n’est pas à négliger.

Deux autres éléments sur le secteur minier, puisque c’est un secteur quand même sur lequel les Guinéens comptent beaucoup, vous avez dû entendre parler du rapport des données de l’ITIE de 2014 qui indique que l’apport des sociétés minières à la Guinée est estimé à 185 millions de dollars. Surtout avec la CBG qui contribue pour plus de la moitié. Ce qui est une performance qu’il faut maintenir ou améliorer. Donc, ça veut dire que ce secteur est important, il y a un jeune ministre qui se bat de ce côté. Nous, à chaque fois qu’on n’est sollicité, on vient donner un avis. Nous regrettons simplement que les mines, ça se traite à mille niveaux. Donc, finalement quand ça dérape il n’y pas de responsable. Donc, il faut concentrer à un seul endroit et rendre responsable cet endroit. Par exemple, c’est le cas de Rio Tinto. Ce qui s’est passé, on connait des atermoiements de Rio Tinto , l’hésitation et tout ça. Mais c’est à nous la Guinée de faire en sorte que les multinationales qui viennent vers nous qu’on puisse les garder et travailler avec elles dans l’intérêt de tout le monde. Quelque soit les raisons évoquées, ça laisse quand même un goût amer. Celui qui vient après, Chinalco va venir, c’est normal. Heureusement d’ailleurs ! Mais tout autre qui viendra, va poser la question de savoir pourquoi Rio Tinto est parti. Donc, finalement, on a beau multiplier les arguments, c’est regrettable.

Le dernier élément sur le secteur minier, c’est la question de l’artisanat. Vous avez tout ce bruit à Siguiri et Dinguiraye là où il y a l’exploitation artisanale de l’or. Il y a une destruction de la nature dans les zones de prédilection agricole, touristique et tout ce que la nature a donné au pays, on laisse d’un trait, tout le monde fait le désordre là-dans. Il faut prendre le courage d’arrêter ça. Il y a un livre sur les mines qui parle du moyen âge. L’Empire du Mali avec Kankou Moussa exploitait les mines de Bouré. Mais il y avait de l’or. Mais maintenant, c’est une catastrophe au même titre qu’Haïti. Il y a du désordre pour les mêmes raisons, c’est qu’elles se traitent à mille endroits. Le pauvre ministère des mines n’a pas les mains libres pour prendre les décisions et aller de l’avant. Sinon, on ne doit pas tolérer ce qui se passe là-bas. Ça c’est du côté minier.

Sur le plan économique, l’Agriculture c’est la meilleure richesse du pays. C’est dommage que tout le monde oublie l’Agriculture, sauf quand il s’agit des discours du chef de l’Etat. Moi, je suis d’une région en Guinée, Coyah qui est connu pour la culture de la banane qui a fait la richesse de la Guinée à l’époque coloniale. Maintenant on parle de l’anacardier. C’est bon tout ça, mais pourquoi chercher midi dans quatorze heures ? ça veut dire que, c’est regrettable. Je veux bien que l’anacarde remplace la bauxite mais à l’époque coloniale, c’est la banane, le palmier qui remplaçait les mines. C’est bien après que quand Fria a été créé que les mines ont pris les devants. Sinon c’était de la banane, le palmier, le café. si vous produisez un million de tonnes de bananes, ça vous fait comme revenu un million de dollars pour le paysan. Pas pour l’administrateur. C’est ce qui fait la vraie valeur ajoutée. Mais les mines dont les taxes passent à l’Etat, le trésor et la banque central avant que ça n’arrive aux communautés, laisse-moi vous dire que les Guinéens sont très forts pour se servir en premier lieu. Donc, l’agriculture, vraiment c’est là qu’on attendait le président de la république. Il y a beaucoup de discours. Si vous prenez le riz, on dit qu’on a produit plusieurs million de tonnes, mais allez au port de Conakry, si vous êtes en voiture, vous ne pouvez pas circuler. Parce que ce sont des camions de riz qui y circulent en longueur de journée. Alors, le jour où ce sera l’inverse, on pourra croire à tout ce qu’on dit là. Mais nous, l’inflation réelle, je ne parle pas de l’inflation calculée à la banque centrale, quand les gens vont au marché ils connaissent la différence.

Pour terminer, moi je ne suis pas pessimiste. Je pense qu’on a encore la possibilité de se rattraper dans la gouvernance et surtout le premier volet sur lequel il faut se concentrer ce n’est ni l’Agriculture dont je viens de parler ni les Mines bien sûr que tout le monde est devenu fou en Guinée, surtout qu’il n’y a pas de pétrole encore. l’accent doit être mis sur l’éducation. je ne vois pas d’ouverture, de visibilité dessus. Quand je dis éducation, c’est depuis la maternelle en passant par l’école élémentaire jusqu’à l’université. Et pis, tant qu’on ne met de l’ordre dans ça, on va tourner comme ça. Dire que la faute ce sont les uns et les autres, c’est une excuse. Il faut se concentrer sur l’éducation, c’est le point de départ. J’ai dit au président Alpha Condé que je rencontre de temps à autre, qu’il aurait dû consacrer son premier quinquennat à l’éducation. Et c’est les gens bien éduqués qui vont réaliser le changement à tout moment. Sans l’éducation, la formation à tous les niveaux, on continuera à se plaindre et trouver des boucs émissaires jusqu’à ce qu’on soit rattrapés par les mauvais résultats.

Me Philippe Loua, avocat à la Cour
Lors de la première année de son second mandat, le Président Alpha Condé a beaucoup fait mais il reste encore beaucoup à faire. Surtout du point de vue de la justice guinéenne. Parce que le mois surpassé, je ne me trompe pas, il y a eu des tueries à Siguiri. il semblerait que les gens se sont rendus justice. C’et état de fait prouve à suffisance que les justiciables n’ont plus confiance à la justice. Et c’est ce que nous devons surtout combattre.
Par contre, il y a eu une petite avancée du point de vu de traitement salarial des fonctionnaires. Il y a eu également de nouveaux recrutements à la fonction publique.
Également au niveau de la justice, les magistrats ont vu leur salaire rehaussé. Je pense bien que cela donne du courage à ceux-ci d’avoir confiance à l’autorité.

Oumar Bah, commerçant
Rien n’a marché en Guinée à part le courant. Avec Kaléta, nous avons constaté que la desserte en électricité s’est un peu améliorée. Mais pour le reste regardez les routes qui sont toutes défoncées. Même dans la capitale Conakry les routes sont en mauvais état. Et c’est pire encore à l’intérieur du pays. La vie est devenue encore beaucoup plus chère. Avant, on pouvait faire écouler rapidement toutes nos marchandises en moins d’un mois. Mais aujourd’hui, c’est tout a fait le contraire.
Le président Alpha Condé a passé tout son temps à voyager sans résultats à l’étranger. Aussi, la politique dominé le travail sur le plan du développement économique. Donc, rien n’a marché.

Propos recueillis par Nabilaye

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