Crise postélectorale – Gambie : Dr. Koureissy sur la médiation du président guinéen…

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Dr Sékou Khouressi Condé, directeur exécutif d’African Crisis Group aura suffisamment promené sa bosse. Pour ne pas dire qu’il a suivi de bout en bout, le sinueux processus de démocratisation de la Guinée. Lequel aura vu le Pr Alpha Condé atteindre le graal en décembre 2010.

Et ce baground, celui qui fut ministre de l’Intérieur et de la Sécurité sous Lansana Conté s’en vante à souhait. Surtout quand il lui en a été donné l’opportunité ce mardi 24 janvier chez nos confrères de Lynx FM.

« Je ne suis pas en première année de facilitation. Je suis dans la continuité de ce qui m’a habité intellectuellement et moralement pendant que j’étais au gouvernement, pendant que j’étais au CNT, (Conseil national de transition, Ndlr) pendant les quelques jours que j’ai passé en tant que médiateur de la République, et pendant les années que j’ai faites en tant que facilitateur », a dit le président de la convention des acteurs non étatiques en guinée (CANEG). Et à ce titre, l’ancien médiateur de la République oppose une réaction pour le moins fracassante à ceux qui minimisent le succès diplomatique du président Alpha Condé dans la résolution de la crise gambienne.

«C’est une première, c’est un excellent résultat du professeur Alpha Condé dans le cadre de cette médiation», estime Dr. Sékou Koureissy Condé. Avant d’ajouter au sujet des allégations du nouveau président de la Gambie, Adama Barrow, selon lesquelles son prédécesseur Yahya Jammeh aurait vidé les caisses de l’Etat.

«Tout cela reste à prouver. Vous savez, on est toujours remplacé par un imbécile, on remplace toujours un con’’, se libère Dr Sékou Koureissy Condé qui s’en explique : « C’est-à-dire, il faudrait que les personnalités africaines acceptent l’alternance dans le discernement. Une alternance apaisée, responsable. On ne peut pas nier une situation de tension qui a prévalu en Gambie. On ne peut pas nier l’émotion que revêt le départ d’un homme qui a passé plus de vingt ans au pouvoir de son pays. Alors, lorsque le président Adama Barrow a dit que la médiation de la CEDEAO n’a pas aidé la Gambie et la sous région, je n’en suis pas certain. Ce que je sais, pour mon expérience, pour ma vie dans ces pays depuis bientôt sept ans, je suis convaincu que la médiation de la CEDEAO et particulièrement celle de la Guinée ont été fondamentalement porteuses d’espoir et de solutions. Et c’est mon point de vu. Cela peut être prouvé».

Option militaire, politique et diplomatique.
Quant à une prétendue ou réelle obstination du président sénégalais Macky Sall à faire partir le président Yahya Jammeh du pouvoir, M. Condé répond :

‘’On ne peut pas accuser un chef d’Etat qui qu’il soit, d’avoir interprété ou accepté d’interpréter ou même piloter les décisions de la CEDEAO, du conseil des présidents de la CEDEAO dans le collège des présidents de la CEDEAO. Il y avait une option militaire, il y avait une option politique et diplomatique. L’option militaire a fait son chemin, le parachèvement est intervenu à partir du 21 janvier après la prestation de serment d’Adama Barrow à l’Ambassade de Gambie au Sénégal. Incidemment, le président Adama Barrow pouvait saisir encore une fois la CEDEAO sur la base du chapitre 7 de la charte des Nations unies et le conseil de sécurité devait entériner. Donc, le conseil de sécurité a finalement entériné. L’option militaire était autorisée, donc avancée. Et à partir de ce moment là, la position la plus rapprochée est la position sénégalaise de reprendre la tête du péloton. Ceci dit, il fallait le courage de quelques sages acceptés et accompagnés par le collège des chefs d’Etat, pour que deux d’entre des chefs d’Etat de la CEDEAO puissent quand même risquer, tenter de trouver une solution de dernière minute. Une démarche, une médiation de dernière chance. Et je pense que c’est ce que le président Alpha Condé a incarné et cela a réussi au nom de la CEDEAO», se résume ainsi le professeur d’Université.

Selon qui, il ne faut pas faire de différence aujourd’hui entre le bon et le mauvais policier lorsqu’il s’agit d’attraper un malfaiteur. ‘’Ce n’est pas le cas, ce n’est pas le contexte. Donc, je parle des Chefs d’Etat, des hommes qui dirigent nos pays aujourd’hui. Et la seule question que je me pose, c’est que la gouvernance électorale pose problème en Afrique. L’alternance politique pose problème en Afrique. La transition démocratique pose problème en Afrique. La conception africaine du pouvoir mérite d’être réadaptée aux réalités sociopolitiques et culturelles africaines », pense M. Condé.

Sécuriser le retour de Barrow à Banjul, une énigme ?
«Il n’y a pas de précipitation en la matière. Les dispositions seront prises. Nous avons en Guinée une expérience de transition. Nous savons qu’il y a des précautions de sécurité qu’il faut mettre en avant. Dans le cas gambien, il n’y a pas feu en la demeure. Il n’y a pas de menace réelle en tant que telle. Mais le processus qui a été déclenché ou enclenchée par la CEDEAO doit continuer jusqu’au bout», analyse l’ancien ministre de la Sécurité.
Avant d’ajouter, in fine, par faire d’une pierre deux coups : ‘’Moi, je félicite l’expertise de la CEDEAO. Je ne le fais pas souvent, je reproche d’ailleurs généralement l’intervention tardive. Même dans le contexte gambien, la société civile que nous sommes, nous avons été plus prompte que la Communauté internationale. Mais à la différence est que nous n’avons aucun mérite spécial, nous ne sommes pas visibles, nous ne sommes accompagnés par aucun mandat de quelle que communauté que ce soit. Nous nous adressons aux organisations de la société civile des pays frères, des nations sœurs pour dire encore une fois qu’il faut éviter la violence, l’exclusion, il faut que justice soit faite de façon responsable».

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