Maintien de l’ordre en Guinée : le gouvernement durcit le cuir

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Conakry,Guinée : Au lendemain de manifestations d’écoliers près de la présidence de la République, le gouvernement appelle les ministères en charge du maintien de l’ordre public à durcir le cuir.

 

« Le Conseil invite les ministres concernés par le maintien de l’ordre public à appliquer les lois et règlements en la matière et engager systématiquement des poursuites à l’encontre des auteurs et commanditaires des troubles à l’ordre public et violences à l’encontre des personnes et des biens » lit-on dans le compte rendu officiel du Conseil des ministres de ce jeudi 27 janvier 2017.

Il y a juste vingt quatre heures que Kaloum -centre administratif de Conakry, abritant la présidence- a été fortement déstabilisé. Un vent violent de revendication d’enseignants de la part des écoliers a soufflé sur la direction communale de l’Education ainsi que sur les locaux des ministères de l’Education pré-universitaire et de la Fonction publique. De jeunes élèves ont affronté policiers et gendarmes armés de matraques et de bombes lacrymogènes.

Conakry, centre des affaires, s’est vidé d’une minute à l’autre, ce qui a provoqué des bouchons monstres.

Dans l’opinion, l’on a juré sur le départ des ministres concernés par le recrutement d’enseignants qui semble poser problème. C’est sans compter sur l’avis des dirigeants actuels du pays.

Le porte-parole du gouvernement parle de « manipulation ».

«Nous sommes en manque d’enseignants, donc nous n’avons aucun intérêt d’éliminer des gens sur la base d’une humeur ou d’une évaluation tronquées. Ce n’est pas une volonté délibérée de chasser les gens, c’est parce qu’ils n’ont pas le niveau» confie-t-il à notre confrère d’AfricaGuinée.

En élevant le ton contre les élèves et leurs maîtres, le gouvernement risque gros. Car ces jeunes ont menacé de reprendre la rue si les profs ne sont pas présents lundi prochain dans leurs salles de classe.

«Nous attendons leur matricule pour que ces enseignants soient redéployés. Les affectations se feront à partir de la semaine prochaine », a annoncé le ministre chez nos confrères.

Dans une note spéciale, le gouvernement précise.

« Le Gouvernement attire l’attention des parents sur les risques auxquels s’exposent leurs enfants en prenant part à des revendications illégales et totalement opposées à leurs intérêts. Ils sont invités à faire preuve de discernement et de responsabilité.Le Gouvernement rappelle qu’il n’existe aucune situation conflictuelle qui ne soit prise en charge par une disposition légale ou une institution de recours. Les revendications légitimes des différents corps socioprofessionnels sont toutes prises en compte dans le cadre de concertations qui se déroulent en toute responsabilité. Dès lors, rien ne peut justifier le recours à la rue et à la violence. »

 

 

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