Siguiri, Guinée : Les fils et filles descendants de Balla Fassaké KOUYATE de la circonscription administrative de Siguiri veulent reprendre la place qui était la leur l’ancien Manding. Ce week-end, ils se sont tous réunis chez chez leur doyen à Tiguibiry (Siguiri) où des disposions ont été prises.
Ils sont de nos jours dans la société africaine réduits à gagner le prix de leur pain quotidien à partir de leur art musical ou encore à exercer des travaux physiques pour vivre. Pourtant, tel n’a toujours pas été la place des griots en Afrique.
« Le griot nous apparaît comme l’un des membres les plus importants de cette société car c’est lui qui, à défaut d’archives, détenait les coutumes, les traditions et les principes de gouvernement des rois » écrivait Djibril Tamsir Niane dans « L’épopée du Manding ».
Ainsi conscient du changement des valeurs et de la tendance, le doyen des KOUYATE basé à Tiguibiry a fait appel à tous ceux qui se réclament pur sang KOUYATE de Siguiri pour dit il, prendre des dispositions et conscientiser la nouvelle génération.
« Nous, nouvelle génération de griots, sommes aujourd’hui conscients de la perte de nos valeurs. Nous voulons reprendre nos dus : il y a des gens qui, aujourd’hui, se font passer pour des griots et qui jouissent de ce que nous devons avoir. Le pire, ils ternissent notre image. Tout le monde veut devenir chanteur et se réclame être l’un de nous. C’est ce que nous voulons bannir et pour cela, il faut que nous assumons les rôles qu’ont joué nos aïeux. Nous Kouyaté, ici présents, il faut que nous nous levions ensemble et prenions nos responsabilités car c’est nous les héritiers des détenteurs de la mémoire collective. Il faut que nous mettions de côté les comportements qui nous réduisent en simple musiciens ou quémandeurs. Vous frères Kouyaté, par la voix des doyens, nous vous avons appelé ici pour que la société d’aujourd’hui sache quelle est notre véritable tâche » s’est adressé à l’assistance, le porte-parole des Kouyaté.
A l’issue de la rencontre, les participants ont tous apprécié l’initiative et promettent désormais s’engager dans « le combat de la mise en valeur des sources orales ».
Il faut reconnaître, comme le disait l’autre, que les bouleversements sociaux dus à la conquête font qu’aujourd’hui les griots doivent vivre autrement.