Conflit domanial à Kendoumayah (Coyah) : «L’Eglise n’a promis quoi que ce soit» (Me Gabriel Kamano, avocat de l’Eglise)

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Coyah-Guinée : C’est un conflit qui oppose l’Église catholique de Kendoumaya, dans la préfecture de Coyah, à la population autochtone autour de plusieurs hectares de domaine. Selon les responsables de l’Eglise, ces domaines auraient été achetés le 16 août 1993, sous le Cardinal Robert Sarah, archevêque de Conakry d’alors et un autre site de 35 hectares à Kinifi.

Aujourd’hui, la population riveraine veut récupérer ce domaine sous prétexte que l’Église n’aurait pas respecté les termes de l’octroi de ces domaines qui seraient entre autres le bitumage de 7 km de route, l’électrification du village.

Dans leur tentative de récupération, le 22 septembre dernier, une vive altercation s’était éclatée entre les religieux et la population riveraine qui s’était soldée par des cas de blessures graves des deux côtés, la destruction des champs de plantation des religieux et surtout le passage à tabac d’un prêtre de l’Église de cette localité.

Pour éclairer la lanterne sur ce dossier, l’avocat de l’Eglise, Me Gabriel Kamano, accompagné du curé de la paroisse de Koloma et autres responsables de l’Eglise, ont animé un point de presse à l’archidiocèse de Conakry. Pour lui, il n’a jamais été question de réaliser les prétendues promesses faites par le cardinal Sarah que font allusion les riverains. « Il y a maintenant plus d’une année, voire même deux ans, que les problèmes ont commencé. L’Eglise qui a toujours prôné le pardon, le dialogue, la réconciliation, le vivre ensemble s’est abstenue d’engager une action n’importe laquelle contre un citoyen de Kendoumayah. Ce n’est pas parce que l’Eglise était dans ses droits, mais on le dit souvent qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. (…) Les jeunes ont été manipulés sous prétexte que le domaine de l’Eglise appartiendrait au village et que pour avoir ce domaine le cardinal Robert Sarah aurait fait de promesses au village que l’Eglise allait bitumer la route de 7 km, électrifier tout le village« , explique l’avocat de l’Église avant de faire savoir que toutes ces  »réalisations ne peuvent se faire uniquement que par le gouvernement et non par des particuliers. « Un jour, on s’est transportés devant le préfet Aziz Diop, nous l’avons fait comprendre que toutes les œuvres que les villageois ont cité relèvent des pouvoirs de l’Etat. Parce que, pour ceux qui ne le savent pas, une route bitumée fait au-moins 11 millions d’Euro, c’est le strict minimum. Donc, plus de 100 milliards de franc guinéen. Quelle est cette entité de droit privé qui peut s’engager à faire de tels travaux pour une population ? On a dit que cela était archi faux. L’Eglise n’a promis quoi que ça soit », a insisté Me Gabriel Kamano.

Pour trouver un dénouement heureux à la crise qui oppose les deux camps, le curé de la paroisse de Koloma, Père Apollinaire Cécé Kolié, l’un des religieux en charge de la gestion de ce dossier, a invité tous les habitants de Kendoumayah, toutes confessions religieuses confondues à observer une journée de jeûne et de prières les prochains jours.

Moise Rama Fils