Conakry, Guinée : la Haute autorité de la communication (HAC), à travers sa commission publicité, a initié, le jeudi 27 février 2025, à Conakry, une journée de concertation axée sur les enjeux de la publicité dans les médias.
Dans le souci de combler le vide juridique et le désordre dans le secteur de la publicité, le conseil national de la transition (CNT) a adopté et promulgué en janvier 2024, la loi portant règlementation de la publicité en République de Guinée, afin d’encadrer la diffusion des messages publicitaires, garantir leur conformité aux principes éthiques, culturels et légaux mais aussi protéger les consommateurs contre les contenus mensongers et trompeurs ainsi que les atteintes aux normes sociales.
C’est justement pourquoi la haute autorité de la communication (HAC), à travers sa commission publicité, a initié, le jeudi 27 février 2025, à Conakry, une journée de concertation axée sur les enjeux de la publicité dans les médias.

En effet, c’est un cadre d’échanges qui jette les bases de la vulgarisation de cette loi. Il a connu la présence des commissaires de la HAC, des conseillers nationaux, des représentants du ministère de l’information et de la communication, de l’OGP, des hommes de médias, des tradipraticiens, de l’association des consommateurs, entre autres.
Deux thèmes relatifs à la réglementation du secteur de la publicité ont été largement débattus à cette occasion.
En lançant ce cadre de concertation, Elhadj Fodé Bouya Fofana du collège des commissaires de la HAC, au nom de son président, a mis en avant l’intérêt qu’elle procure. Il estime que cette loi permettra aux participants d’être dans des convergences, d’autant plus qu’il s’agit d’une première en la matière dans le pays. Cependant il n’a pas occulté la présence d’une autre loi qui parle de la publicité au niveau de la HAC. Alors, ajoute-t-il :
«Pour créer l’interchoc entre ces deux lois, nous avons décidé d’organiser des débats qui seront fructueux pour nous, et à l’issue desquels nous tirerons des grandes leçons pour sauvegarder non seulement les balises de la nouvelle loi, mais aussi l’intersection entre la loi 002 sur la liberté de la presse et cette nouvelle loi. Nous estimons qu’à partir du constat et des résultats auxquels nous allons aboutir, nous pourrons jeter les bases d’une vulgarisation de la nouvelle loi pour que la santé publique soit garantie pour les populations guinéennes », a émis l’ex responsable de la section sportive au niveau de la télévision nationale.
Le premier thème intitulé: « les enjeux de la publicité dans les médias » a été développé par le journaliste Amadou Touré, Commissaire à la HAC. Donc son exposé, il a passé au peigne fin la publicité, défini ses supports, parcouru ses enjeux économiques, sociaux et culturels, les sources publicitaire des médias …
Bien que convaincu du fait que tous les médias soient à la quête de la publicité, il a souligné qu’ils doivent cependant se départir des publicités mensongères et interdites pour ne pas affronter la rigueur de cette nouvelle loi.

« Dans la nouvelle loi portant réglementation de la publicité, on a vu là-dedans que la publicité sur les médicaments traditionnels est interdite… Aussi, il y a l’article 58 de cette loi qui dit que quand tu es employé de médias, quand tu es journaliste, quand tu es animateur, vous ne devez pas, poser votre voix sur une page publicitaire. Mais combien de personnes, combien de journalistes, combien de patrons de médias connaissent cela ? », a-t-il indiqué, avant de postuler en faveur de la vulgarisation de cette loi à l’ensemble des acteurs de la publicité dans les médias dans notre pays.
C’est Dame Asmaou Barry qui a exposé sur le deuxième thème portant sur la : réglementation de la dite loi en Guinée ». Près d’une heure durant, elle a parcouru ses différentes dispositions. L’autre aspect, c’est le fait qu’elle réprimande à travers des amendes. Il précise qu’à travers cette loi, désormais le contenu des messages publicitaires est strictement réglementé et qu’il y a des matières sur lesquelles, il y a des restrictions.
« Par exemple la publicité sur les boissons alcoolisées est interdite dans les médias, donc radio, télé, sites internet, ou alors la publicité qui porte préjudice aux mineurs, aux enfants, parce qu’on estime qu’ils sont mineurs, ils n’ont pas la faculté de discernement, ou alors des dispositions qui protègent l’image de la femme dans les publicités. Vous n’êtes pas sans savoir que dans la plupart des publicités, c’est la femme qu’on met en avant dans les publicités. Donc cette loi, désormais, encadre l’utilisation de l’image de la femme dans les publicités, mais également d’autres domaines qui sont réglementés, même si leur pratique n’est pas interdite en Guinée, mais leur publicité est interdite, c’est notamment dans le domaine de la santé et de la pharmacopée. La publicité est interdite pour les établissements sanitaires, donc les cliniques et les hôpitaux, et il en est de même désormais pour les tradipraticiens », a-t-elle énuméré.
Selon cette conseillère nationale, les contrevenants dans les médias s’exposent à la rigueur de la rigueur loi.
« Ce sont des amendes pour ceux qui enfreindront à cette disposition. Par exemple la publicité sur l’activité des tradipraticiens de la pharmacopée, c’est une peine qui va de 50 millions à 100 millions de francs guinéens que le juge pourrait prononcer à l’encontre des contrevenants de cette disposition », a-t-elle fait savoir.
A l’issue des travaux, les participants ont formulé des recommandations. Ils ont sollicité la vulgarisation de la dite loi à travers les moyens de communication, la participation des régies aux prochaines échéances de vulgarisation et enfin, l’autorisation de la publicité des produits certifiés par les organismes compétents.
MOSAIQUEGUINEE