Guinée : de la crise au drame politique…

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A cause d’une crise politique  persistante depuis plus d’un an autour des conditions d’organisation des prochaines législatives, la Guinée  est entrain de détruire ses édifices institutionnels bâtis sur des sacrifices consentis de tout un peuple.

Deux ministres du gouvernement, appartenant au parti PEDN, ont déposé à la Primature  la semaine dernière une «  lettre de démission » commune suite aux injonctions de l’opposant Lansana Kouyaté. Vendredi 31 août, un groupe de commissaires de la CENI et d’autres conseillers du CNT suivent leurs pas.

Après le blocage du cortège des principaux leaders de l’opposition à Matoto, regroupés au sein du Collectif des partis et l’ADP, par les gendarmes, lors de la « marche pacifique » de lundi passé, l’invite a été faite aux représentants de l’opposition siégeant au gouvernement, au Conseil national de transition (CNT) et à la Commission nationale de rendre le tablier. Ce qui est fait. Même si le gouvernement de Mohamed Said Fofana n’a encore pas décidé d’en parler à l’opinion.

 L’impossible entente entre le pouvoir  de Conakry et son opposition est entrain de déteindre sur les autres institutions importantes de la transition guinéenne !

 Les désaccords sans précédent sur la recomposition de la commission électorale nationale, l’opérateur waymark, le fichier électoral…menace le socle institutionnel du pays. Une crise politique qui tourne à un véritable drame politique qui a désormais droit d’être cité désormais dans l’histoire récente de la Guinée.

La commission électorale nationale indépendante, a vu le jour dans la douleur en Guinée. Fruit d’une  bataille ardue entre le pouvoir du feu Général  Lansana Conté et les leaders de l’opposition d’alors dirigé par les regrettés doyen Bah Mamadou, Siradiou Diallo ainsi que le président de la République actuel, Alpha Condé et l’ancien premier ministre de la transition, Jean Marie Doré.

Cette institution défigurée par les membres qui l’occupent de nos jours, concentre autour d’elle l’essentiel des points de divergences entre les deux camps. Pourtant, l’opposition au pouvoir de Conté qui a donné presque sa vie pour l’érection d’une commission électorale…indépendante, voudrait confier l’organisation de toute élection en Guinée par un organe autre que le ministère de l’Intérieur. Aujourd’hui, c’est cet acquis démocratique qui semble être vidé de tout son objectif.

Le CNT, installé durant la transition alors géré par la junte militaire, aura marqué cette période par le toilettage, en un temps record, de l’essentiel des textes fondamentaux que compte la Guinée. Avec cette crise, cette institution qui semblait mieux fonctionner que les autres, se vide de toute crédibilité.

La Ceni tout comme le Conseil national de la Transition ( CNT), et à une certaine mesure le gouvernement actuel, sont nés par la suite d’un sacrifice réellement consenti par le brave peuple de Guinée dans sa marche vers la démocratie. Plus d’un auront perdu la vie pour cet objectif si noble.

Des querelles politiques, menées par de politiques dont il est nécessaire de douter de leur patriotisme et responsabilité,sonneront-elles le glas de la paix dans ce pays où le citoyen moyen vit avec moins d’un dollar par jour ?

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