Emploi : assez de Guinéens mènent plusieurs activités pour survivre !

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 Aujourd’hui, les études ont montré que l’emploi est un des principaux moyens déterminants de lutte contre la pauvreté. Car  c’est le moyen le plus sûr pour s’affranchir de l’indigence grâce aux revenus qu’il procure. En Guinée, le taux global d’activité économique est fortement fonction du niveau de pauvreté des ménages.

 

Selon les statistiques mentionnées dans le rapport de la direction nationale des statistiques du ministère du Plan, publié en  juillet 2012 sur la pauvreté, Il est de 49% dans les ménages pauvres  et de 42,3% dans les ménages  non pauvres.

Au niveau des hommes et des femmes, il est respectivement estimé à 47,5% et 50,3% contre 43,4% et 41,2%, au niveau des non pauvres. Le taux de dépendance économique des non pauvres est de 136,6% alors que chez les individus pauvres, 100 individus pauvres supportent la charge économique de 104 personnes.

Les non pauvres sont plus frappés par le phénomène de sous emploi (24,5%) que les pauvres (15,6%), à cause probablement du fait que ces derniers sont obligés d’exercer plusieurs activités pour survivre.

Ainsi , dans le souci d’améliorer leurs conditions de vie et répondre à certaines attentes,   les ménages guinéens mènent plusieurs activités sur le marché du travail. Parmi ces stratégies, il y a l’exercice (en plus de l’activité principale), d’une activité secondaire ou tertiaire par le chef de ménage, et le fait de faire participer d’autres membres du ménage à l’activité économique.

 On attend naturellement de ces différentes stratégies, qu’elles contribuent à réduire la pauvreté. Malheureusement, les résultats obtenus sont de nos jours faibles. Ainsi par exemple, les ménages ayant au moins trois actifs en leur sein ont un taux de pauvreté plus élevé que ceux comptant deux actifs du fait qu’ils exercent généralement des emplois qui ne sont pas bien rémunérés.

Face à cette situation, Il est aujourd’hui très difficile de marquer la limite entre l’emploi et le chômage, parce que  tout emploi qui ne correspond pas à la qualification est perçu généralement comme une simple «débrouillardise» et non comme une occupation réelle.

Signalons que le chômage frappe particulièrement les jeunes suivant le niveau d’instruction (non scolarisé, déscolarisé, diplômé, etc.), leur lieu de résidence (zone rurale ou urbaine) et le niveau de vie des ménages. Les jeunes vivent différemment la situation du chômage  et du sous emploi en milieu rural et usent de différents modes de comportements et d’actions pour y faire face.

Et selon les statistiques, la pauvreté touche 16,6% de ceux qui ont atteint un niveau d’éducation du secondaire 2ème cycle, 15,4% de ceux qui ont achevé  l’enseignement technique professionnel et près de 12% des nantis d’un diplôme universitaire ou postuniversitaire.

Pour un bon nombre d’observateurs, cette situation s’explique essentiellement par l’inadéquation entre la formation  offerte par les institutions de formation et les besoins de l’économie guinéenne.

Ahmed Kalan Diallo

                                                                                          

 

 

 

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