Etats-Unis : Obama réélu : le meilleur est encore à venir »

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Le candidat démocrate, Barack Obama a eu un nouveau bail de la part des Américains. Avant le décompte de certains Etats, il dévance Romney chez les grands électeurs : 303 voix contre 206 pourle Républicain

 

Le vainqueur de l’élection présidentielle aura peu de temps pour savourer sa victoire. Un monde dangereux et compliqué l’attend, ainsi que de nombreux chantiers intérieurs.

Le vainqueur de l’élection présidentielle aura peu de temps pour savourer sa victoire. Un monde dangereux et compliqué l’attend, ainsi que de nombreux chantiers intérieurs.

 

• Le budget et la dette

 

Sa première urgence sera de tendre la main à l’autre camp dans l’espoir de remettre en route une machine politique en panne de compromis. Un accord au Congrès est nécessaire pour éviter le «précipice budgétaire» (fiscal cliff) où pourrait plonger l’Amérique au mois de janvier. Si démocrates et républicains ne parviennent pas à s’entendre, les premiers conditionnant tout accord sur la réduction des dépenses à une hausse des impôts pour les plus riches – que les seconds refusent absolument -, quelque 400 milliards de dollars de coupes budgétaires automatiques interviendront dès le 1er janvier 2013, frappant sans discernement les postes du budget, dont la défense. La question de la dette devrait également dominer le prochain mandat, chaque candidat ayant reconnu la nécessité de faire maigrir l’État fédéral.

 

• La santé

 

Autre dossier de taille: l’avenir du système de protection sociale et de santé. Romney a promis de revenir sur la loi «Obamacare» instaurant une assurance médicale pour tous. Des réformes du système de santé des retraités (Medicare) et des pauvres (Medicaid), de même qu’une refonte des systèmes de retraite sont aussi envisagées par les républicains. Un dossier ultrasensible.

 

• L’emploi

 

L’autre enjeu qui a dominé l’élection est celui de l’emploi. Romney a promis 12 millions de postes, soit 250.000 créations par mois, notamment grâce à l’exploitation massive des gisements pétroliers et gaziers. Obama a évoqué la création d’un million d’emplois manufacturiers en quatre ans, via l’incitation au rapatriement des usines délocalisées. Il veut développer les énergies alterna­tives, à haute intensité technologique.

 

• L’éducation, l’immigration, le climat

 

À plus long terme, le chantier de l’éducation – notamment la réforme des écoles publiques élémentaires et secondaires, en pleine déliquescence – apparaît comme une autre urgence, pour stimuler l’emploi des jeunes et rendre à l’Amé­rique sa compétitivité. Les deux prétendants ont promis de s’y atteler. Ils devront aussi se pencher sur l’épineux problème de l’immigration illégale et de la légalisation attendue de la situation des 12 millions d’immigrés illégaux présents sur le territoire américain. La réforme globale du système prévue par Obama n’a jamais vu le jour. La question d’un accord énergie-climat permettant de résoudre le problème du réchauffement n’est pas vraiment à l’ordre du jour, vu l’opposition des républicains et des lobbys des énergies fossiles.

 

• Le Moyen-Orient

 

Les chantiers extérieurs sont tout aussi lourds. Le dossier du nucléaire iranien apparaît comme le plus urgent, alors qu’Israël, impatient, affirme qu’il ira frapper l’Iran si ce dernier s’approche de la capacité nucléaire. Malgré le programme secret Olympic Games de guerre cybernétique, qui a neutralisé quelque 1000 centrifugeuses, malgré le régime de sanctions établi par Obama avec une coalition large d’alliés, plane l’ombre d’une crise majeure au Moyen-Orient. Dans la région, d’autres défis se profilent, notamment la guerre civile syrienne. L’avenir de la relation avec l’Égypte, dominée par les islamistes, est un autre dossier clé pour les Américains, de même que le futur de la Libye, secouée par l’attentat islamiste de Benghazi. Il faudra enfin orchestrer sans heurts le retrait d’Afghanistan en 2014.

 

• L’Asie

 

En Asie, la Chine, le grand rival émergent, sera au cœur des soucis du prochain locataire de la Maison-Blanche. Ses poussées impérialistes en mer de Chine, où le face-à-face avec le Japon menace de dégénérer, inquiètent Washington. Une bataille commerciale se dessine aussi, Romney accusant Pékin de manipulation de devises. Les spécialistes se demandent quels moyens de pression pourrait utiliser l’Amérique face au pays qui détient la moitié des bons du Trésor finançant la dette américaine. Le déficit commercial avec la Chine est passé de 6 millions de dollars en 1985 à 295 milliards en 2011.

 

En matière commerciale, il faut s’attendre à une accélération de la signature d’accords commerciaux, notamment en Amérique latine. Le républicain promet d’accélérer les négociations pour un accord commercial avec l’Europe. En dehors de ce point, celle-ci, si l’on en croit la campagne qui vient de s’achever, n’est plus vraiment une priorité.

 

IN LE FIGARO

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