Gassama Diaby : « rien ne peut et ne doit justifier cet acte terroriste » à Charlie Hebdo

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charlieA quelques heures seulement de l’attentat perpétré contre la liberté de la presse, au siège du satirique « Charlie Hebdo » à Paris, le ministre guinéen des Droits de l’Homme, Gassama Diaby, s’est rendu à l’Ambassade France et y a tenu un discours dont voici l’intégralité.

Excellence Monsieur l’Ambassadeur,

Lorsqu’une telle horreur est atteinte, les mots, certes indispensables, ne suffisent pas à exprimer certains états d’âmes.

Malgré tout, nous n’avons aujourd’hui que des mots, mais des mots sincères, entiers, fraternels, solidaires et tristes pour venir vous exprimer à vous et à travers vous, aux familles des victimes de ces lâches actes criminels, et à l’ensemble du peuple de France, notre tristesse, note profonde tristesse, notre solidarité.

Au nom du Chef de l’Etat, au nom du Gouvernement, au nom du peuple de Guinée, je veux ici exprimer notre condamnation absolue, notre indicible tristesse et notre solidarité avec vous et l’ensemble de familles des victimes.

Rien, absolument rien ne peut et ne doit justifier cet acte terroriste et criminel qui a été perpétré aujourd’hui au siège du journal Charlie hebdo, tuant lâchement au moins douze personnes, essentiellement des Journalistes et deux policiers.

Cette lâcheté indescriptible et insensée doit choquer et horrifier toute conscience humaine attachée à la sacralité de la vie humaine et à la dignité humaine.

On leur a lâchement volé leur vie, et par la même volé un peu de vie de chacun d’entre nous.

Il est une occasion triste et malheureuse de rappeler à quel point nous devons tous nous battre contre la culture de la haine de l’autre, la culture de l’intolérance, la culture du fanatisme ( à l’occurrence ici religieux), la culture de la violence et de l’extrémisme criminel.

Je rends hommage à ces hommes et femmes, journalistes et à leur noble métier dans une société démocratique, qui paient toujours injustement et honteusement le prix de la liberté d’opinion et d’expression libre de celle ci.

Il n’y a pas de société libre et démocratique sans des médias libres.

Nos regrettés journalistes viennent de payer le prix de leur légitime et indispensable liberté, mais ils paient aussi le prix de la liberté démocratique pour nous tous.

Nous leur exprimons toute notre solidarité et fraternelle tristesse.

Aux deux policiers tués dans l’exercice de leur métier, ainsi qu’à leur familles respectives, nous exprimons toute notre tristesse et notre fraternelle solidarité.

En tant que Ministre des Droits de l’Homme je veux terminer cette déclaration en appelant au sursaut individuel et collectif pour lutter farouchement contre toutes les formes de haines, de violences, d’extrémismes et de fanatisme partout ou elles se trouvent, que ce soit en France, en Guinée ou ailleurs, au nom des valeurs des Droits Humains.

En tant qu’être humain, notre indignation, notre tristesse et notre peine sont profondes face à cet acte indigne et barbare.

Nous nous devons, sans distinction de race, d’ethnie, de religion, d’opinion politique ou de sexe, nous battre toutes et tous, contre les diffuseurs de haine et ceux qui cultivent le fanatisme religieux et politique.

Monsieur l’Ambassadeur,

Ce qui s’est passé aujourd’hui en France, est une horreur, une sauvagerie, un acte criminel et l’expression de la victoire de la haine, du refus de la liberté et du pluralisme démocratique des idées et de leurs expressions.

Nous devons être debout, en France, et partout à travers le monde, pour lutter contre cette culture de haine et de barbarie et pour la victoire de la liberté et de la fraternité démocratique.

Comme le disait le philosophe Sénèque, dans les « Fragments »,  » Plus notre haine est injuste, plus elle est opiniâtre « .

Alors les défenseurs des droits de l’homme, de la dignité humaine, de la liberté, du respect de la vie humaine, et de la fraternité humaine et démocratique, doivent être plus opiniâtres et plus déterminés, que les diffuseurs de haines, de violences et d’extrémismes identitaires, idéologiques, religieux ou politiques.

Monsieur l’Ambassadeur,

Laissez moi donc à vous dire Monsieur l’Ambassadeur qu’aujourd’hui nous sommes tous Français, journalistes et policiers.

Face à cette douleur, permettez moi de vous dire que vous n’êtes pas seuls, comme ami(e)s et comme frère et sœur, nous sommes avec vous, sommes à vos côtés pour vous signifier notre fraternité et notre amitié, le cœur meurtri, mais debout déterminés à ne pas laisser gagner ni en France, ni en Guinée, ni ailleurs dans le monde, les diffuseurs de haine, du fanatisme et de la violence.

Plus que jamais la Liberté doit être sauvée, sauvegardée et consolidée.

Recevez ici Monsieur l’Ambassadeur l’expression de notre profonde tristesse et de notre totale solidarité, et transmettez le au peuple de France et aux familles des victimes.

Vive la liberté,

Vive la liberté de la presse et des opinions

Vive l’amitié franco-guinéenne

Toutes nos condoléances.

Monsieur KHALIFA Gassama Diaby

Ministre des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques

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