Détente politique : La revanche de Gassama Diaby…(Tribune)

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Khalifa Gassama Diaby ONUGuinée-Conakry : Mieux vaut tard que jamais, dit l’adage. La politique a ses secrets que la raison parfois ignore. Depuis que le président Alpha Condé a décidé d’avoir des « contacts réguliers » avec son petit-frère, Cellou Dalein Diallo, les faucons de tous les bords, sont rentrés dans leur coquille pour, eux aussi, prêcher, la mort dans l’âme, la bonne parole.

Ce mercredi 8 septembre 2016, la Guinée a vécu un tournant décisif de son histoire, quand le président Alpha Condé, qui a longtemps « ignoré » son rival, qui, pourtant, pèse plus de 48 % des voix et 37 députés, s’est rendu au domicile de celui-ci à Dixinn.

Fait du destin : cette rencontre, si inattendue soit-elle, s’est déroulée en présence de Bantama Sow, ancien ministre des sports et partisan des contre-manifestations, qui avait lu la déclaration incendiaire accusant Cellou Dalein Diallo de fomenter un coup d’Etat.

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Cependant, comme la mode en vogue, c’est le dialogue républicain, les extrémismes d’hier, ces « businessmen de la crise » (pour reprendre le terme du juriste Mohamed Camara), sont étonnement devenus aujourd’hui les défenseurs du partenariat républicain, les apôtres de la paix. Certains sont en fonction. D’autres sont virés.

Aujourd’hui, avec le nouveau vent, ils ont changé de langage et entonnent le refrain de l’heure. Ce qui ne ferait émouvoir personne en Guinée. Puisque sous la transition, Idi Amin l’avait dit à Dadis Camara : la victoire a plusieurs parrains et la défaite est orpheline.

Pour un devoir de mémoire et pour rendre justice, la rédaction de votre quotidien, en ligne, Guinéenews, a décidé de fouiner dans ses archives. De notre constat, il ressort clairement que si le chef de l’exécutif, Alpha Condé, avait accepté d’écouter certains conseils, qui ne sont pas plaisants parfois, la Guinée ne serait pas là où elle est aujourd’hui.

Dans ce lot, si restreint, nous ne prenons qu’un exemple ou deux. Quand Gassama Diaby dénonça l’état des prisons et les conditions carcérales, avec tous les risques et périls, la révolte des prisonniers de Conakry et de Kouroussa, viendra plus tard lui donner raison. Quand il s’opposa aussi à l’interdiction des marches ou la détention des jeunes à Soronkony (sauf pour des raisons objectives), il est pris pour un complice de l’opposition.

De même, quand il dénonça les violences lors des manifestations politiques (tant du côté des manifestants que des forces de l’ordre), quand il dénonça l’usage des armes à feu ou la démilitarisation de Womey, quand, enfin, il se déplaçait pour voir les opposants dans le cadre de la détente politique (particulièrement Dalein), il fut traité de tous les noms d’oiseaux : Il était perçu comme un opposant, un traître, un complice de l’opposition…

Avant Gassama Diaby, pour ne pas particulariser le débat, au lendemain des tueries de septembre 2009, quelques ministres d’alors menèrent des démarches souterraines entre les militaires et les opposants blessés, pour obtenir, contre vents et marées, leur évacuation.

Curieusement, des années plus tard, tout le monde s’aperçoit que la position républicaine du ministre Diaby comme d’autres, s’avère aujourd’hui comme la norme et la voie à suivre.

Mais, disons- le net, que cela plaise ou pas, de par ses principes, son attitude, ses démarches honnêtes et véridiques, Gassama Diaby incarne aujourd’hui le consensus général. Mais pour bénéficier de cet acquis politique important dans un pays, où la population croit de moins en moins aux politiciens, il aura fallu du courage, de l’audace.

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C’est pourquoi, après recul, la justice lui doit être rendue pour l’histoire et l’honneur, selon maints observateurs avertis. Il le mérite parce qu’en voulant servir son pays, son peuple et même son président, mais dans l’honnêteté et la vérité, il a payé au prix fort avec autant d’incompréhension, d’injustices, de coup bas et d’injures. Trois ans après, l’opinion s’aperçoit qu’il avait eu raison de rêver trop tôt comme Patrice Lumumba.

Et ce n’est pas le chef de l’opposition guinéenne, qui dira le contraire. En marge de sa rentrée politique 2016, Cellou Dalein Diallo, connu pour sa courtoisie et sa franchise, avait jeté des fleurs au ministre Gassama Diaby dans la célèbre émission « Les Grandes Gueules » de la radio Espace FM.

« Nous avons beaucoup de respect et de considération pour lui. C’est un homme honnête, dévoué, déterminé, objectif, d’une honnêteté intellectuelle irréprochable. Nous avons salué les actions qu’il a menées à la tête du ministère des droits de l’homme. Ce n’est pas l’existence d’un ministère ou son appellation, mais c’est son animation. Il faut des hommes et des femmes capables d’être au service au pays, capable d’être honnêtes et objectifs et de mettre en place des politiques correctes », dit-il.

Comme on le voit, sur tous les plans, tout ce qui se passe aujourd’hui comme méthode d’apaisement républicain, s’il ya un seul précurseur en Guinée, c’est bien le Ministre Diaby. Il faut toutefois espérer que les nouveaux venus sur ce terrain, de tous les camps, soient aussi sincères que lui, et que cela dure et soit transformé en acte.

Le destin du héros, c’est cela aussi

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