Alpha Condé humilie son ministre ( Discours)

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Au lancement du séminaire portant sur les  » Etats généraux de la Santé, le président Alpha Condé a recadré son ministre de la Santé publique qui parle de  » progrès » dans un secteur moribond. Discours de  » recadrage ».

Alpha Condé

 

’Notre santé est malade, beaucoup de médecin sont des commerçants en violation de leur serment…’’

 

« Il faut être aveugle pour ne pas voir que notre santé est malade. Comme dans beaucoup de secteurs, notre santé est malade. Quand on choisi d’être médecin, c’est qu’on a choisi de servir, quand on choisi d’être enseignant, c’est qu’on a choisi de servir. C’est pourquoi on dit c’est un sacerdoce. Nous avons beaucoup de médecins qualifiés. Malheureusement, nous avons aussi beaucoup  de médecins qui oublient leur serment et qui ont fait de la médecine un commerce. Il est extrêmement déplorable de voir comment certains médecins se comportent quand les  gens viennent pour des examens.

 

‘’ Je suis surpris un peu du discours du ministre qui a parlé de progrès…’’

 

Je viens de l’intérieur, j’ai constaté l’absence criarde des médecins à l’intérieur du pays. Presque tous les médecins sont concentrés à Conakry. Nos établissements sont vétustes et mal équipés. Et très souvent on se demande à quoi sert le peu de moyens qui sont mis à la disposition de la médecine. Je suis surpris un peu du discours du ministre de la santé quand il parle des progrès (dans le domaine de la santé) alors que tout le monde (l’Unicef et l’union européenne, ndlr) reconnait que si dans les années ‘’90’’, la Guinée était un modèle, nous sommes devenus un contre-exemple de nos jours. Alors je ne vois pas de quel succès on peut se glorifier.

 

‘’50% des morts à l’hôpital, c’est dû à des fautes des médecins…’’

 

Les états généraux doivent servir à faire réellement un véritable diagnostic. Je ne suis pas sûr qu’on n’a  le vrai diagnostic. Il faut aller beaucoup plus loin. Nous avons de bons médecins, mais nous n’avons pas les équipements qu’il faut. Très souvent, les médecins se trompent sur les diagnostics. Quand un malade vient, on ne lui fait pas un examen primaire. C’est ainsi qu’on lui donne des sérums glucosés à un diabétique. Evidemment, on le condamne. Mais comme  dans notre mentalité, quand il y a la mort, on dit que c’est la volonté de Dieu, alors qu’en France, s’il y a un mort comme ça, on porte plainte. Nous, nous remettons à la fatalité et à la volonté de Dieu. 50% des morts à l’hôpital sont

 

dûs à des fautes des médecins. Si nos populations avaient l’habitude en cas de décès de porter plainte, on aurait beaucoup moins de morts. Mais comme les médecins savent quelque soit la cause de la mort, les parents se remettent à Dieu, ils ne cherchent à voir les causes.

 

‘’Dans tout pays qui se respecte, il y a les moyens pour soigner les gens qui n’ont pas de moyens’’

 

Quand je vois le  fonctionnement de l’hôpital  Donka avec tous les problèmes auxquels est  confrontée la directrice de l’hôpital avec les médecins. Il y a même un médecin qui refuse de rendre compte soi-disant qu’il est mon ami alors que je ne l’ai jamais vu de ma vie. Mais il peut savoir que ses jours sont comptés. Jusqu’à présent, nous n’avons pas fait encore le cabinet du ministre de la santé. Pourquoi ? Nous voulons avoir une vue exacte de la situation. Et avoir des médecins qui respectent leur serment, mais pas des médecins commerçants. Voilà l’une des causes profondes de la maladie. A l’époque coloniale, il y avait ce qu’on appel l’indigénat. Mais aujourd’hui, quand un pauvre vient à l’hôpital, il n’a aucune chance que le  médecin s’intéresse à lui. Par rapport à la période coloniale, nous avons perdu le peu davantage que nous avions. Parce que les déshérités pouvaient être soignés. Aujourd’hui quand vous venez à l’hôpital, si vous n’avez pas les moyens, même s’il y a des médicaments, le médecin ne peut pas vous en donner. Dans tout pays qui se respecte, il y a les moyens pour soigner les gens qui n’ont pas de moyens. Les évacuations sont faites par affinité. Ceux qui doivent être évacués ne le sont pas.

 

‘’ il faut oser mettre le couteau dans la plaie…’’

 

Comme dans le secteur de la pêche, de la justice, nous avons des secteurs qui sont vraiment malades. Donc,  il faut oser mettre le couteau dans la plaie. Il faut mettre le couteau sur les médecins.  C’est le système  médical même qui est malade.

 

Il faut encourager les médecins à aller travailler à l’intérieur. L’intérieur du pays est démuni, les populations malades sont abandonnées. Il faut qu’on trouve une politique incitative et des conditions décentes pour que les médecins acceptent d’aller servir à l’intérieur du pays.

 

 

 

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