Dialogue politique : le clap de la fin?

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Dialogue 2015
Une photo des protagonistes

En Guinée, il est de notoriété publique que les politiciens sont tous d’accord pour ne jamais être d’accord. Le dialogue politique en cours qui donne des signes d’échecs, avec la menace de l’opposition de se retirer de ce cadre, en est une parfaite illustration.

 

Les Guinéens qui ont pensé que la classe politique s’est assagie avec les derniers tourments politiques, en auront pour leur grade. Les hommes politiques du pays, réunis depuis quelques jours au palais du peuple de Conakry, démontrent encore  à la face du monde qu’elle n’est pas prête à libérer le pays et ses fils.

Leurs tiraillements depuis une semaine au moins ont eu comme  conséquence la menace de retrait, pour le moment, de l’opposition de ce cadre de dialogue inter-guinéen, à quelques quatre mois de la présidentielle de 2015.

L’opposition regrette que depuis le début, « aucun accord » n’a encore été trouvé sur points débattus. Du chronogramme électoral à la problématique de refonte de la commission électorale, en passant par les questions des délégations spéciales et du fichier électoral, les représentants de la mouvance présidentielle et de l’opposition ne lèvent pas l’ancre. Le statu-quo est de mise.

On a essayé de rapprocher les points de vue, puisqu’on assure la neutralité dans ce dialogue, moi et mes collègues du gouvernement, on n’y est pas arrivé. Donc, j’ai suspendu la séance pour une reprise lundi à 14 heures, en espérant que d’ici 14H, en présence de la communauté internationale qui a eu un entretien avec l’opposition et qui est actuellement avec la majorité pour que les points de vue se rapprochent  » révèle le ministre guinéen de la Justice, président de ce cadre de dialogue.

L’opposition, comme elle aime vraiment à le faire, s’adonne à coeur joie à son exercice de victimisation. Du genre elle est « méprisée » par le pouvoir. D’ailleurs son porte-parole ne croit pas au cadre de dialogue et évoque  « deux monologues ».

Le camp adverse, la mouvance présidentielle, accuse les opposants de « vouloir changer les commissaires » électoraux à 100 jours de la présidentielle.

« Aujourd’hui, ils sont venus avec une autre revendication. Nous sommes à moins de cent jours de l’élection présidentielle, ils demandent qu’on fasse les élections le 30 août et aujourd’hui, ils demandent qu’on reforme la CENI, qu’on change les commissaires de la CENI. Bon finalement, on ne sait pas ce que nos frères de l’opposition veulent. Mais encore, une fois, la mouvance est prête à discuter de toutes les propositions, qu’elles viennent de l’opposition ou de nos partenaires au développement, toute proposition qui va concourir à rendre les élections transparentes et crédibles » a-t-il affirmé.

L’opinion est en droit de se poser la question si réellement ce scénario sonne le clap de la fin pour cet autre dialogue des sourds, pardon des politiciens? Wait and see

Toutefois, à quelques mois de la présidentielle fixée au 11 Octobre, la Guinée est encore au bord d’une autre crise politique aux lendemains incertains. Seule certitude : l’opposition fait déverser, dans les rues de Conakry, à l’occasion des « marches pacifiques » violentes, quand elle veut se faire entendre.

Dans une Tribune publiée par le journal le Monde, une ex ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique, appelle l’Union Africaine à se pencher sur le cas de la Guinée.

A l’allure, certains observateurs pourraient donner raison au vice-président de l’UFDG en exile, Bah Oury qui a parlé de « diktat » et non de dialogue.

M. Alpha Condé a fixé les termes du débat et aucune dérogation ne sera permise. Aucun amendement substantiel susceptible de perturber l’agenda présidentiel ne sera accepté. Quelques inflexions n’ayant aucune incidence sur le processus déjà entamé seront promises afin d’inciter l’opposition à participer aux élections présidentielles. Comme le ridicule ne tue pas chez nous, le gouvernement issu de la mouvance présidentielle et principal acteur des élections est en même temps médiateur entre l’opposition et la mouvance présidentielle. Ceci est d’autant plus surréaliste que le régime politique guinéen est du type présidentiel. Où se trouve la cohérence ? Où se trouve la recherche véritable de sortie de crise pour notre pays ? Nous assistons à du théâtre politique qui frise un mépris total pour les souffrances et les angoisses de nos populations » a-t-il avancé chez nos confrères de Guinéenews.

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